Bon si je ne me concentre pas un peu sur quelque chose, comme un fil directeur ... ça va partir dans n'importe quel direction tout ça...
Je parle de quoi en fait ?
Bon, un rapide entretient avec moi-même va sûrement mettre de l'ordre dans tout ce fatras.
Ok ... j'intériorise un peu :
"Oh eh !! .... (Écho)"
"Y'A QUELQU'UN ...?»
Bon ben je suis maintenant seul avec moi-même ... cool !! Je vais pouvoir me recentrer.
Quel bordel dans cette tête ... y'a de tout ... des souvenirs inutiles ... des connaissances non exploitées ... et pas mal d'inutilités ..
C'est paradoxalement vers ces inutilités que j'ai bien envi de ranger bien proprement sur le papier... enfin… sur le tube cathodique ... bref sur l'écran plat... Grrr ... je commence déjà à soliloquer inutilement...
Ok, je sorts la pelle ... et je mets dans le sac ...
"Oh hisse !!!"
Qu'est ce que c'est que ce truc ??
Tiens un vieux souvenir de mon enfance... si profondément enfouis sous le lisier de l'éducation que j'en avais oublié qu'il servait de socle, de soubassement pour tenir droit l'édifice de ma pauvre conscience en loque...
Que vais-je en faire ?
Hum ...
Bon, allé, je me lance... Je casse ce truc… et je l’encadre… ça va bien intéresser quelqu’un … les vides greniers intéressent souvent pas mal de gens…
J’extériorise … retour dans le monde réel.
Ah, ce vieux souvenir, il date tout de même.
S’était à Fontenay sous Bois, sûrement le plus vieux souvenir dont mes pauvres synapses me permettent d’extirper les images, sans cramer tous les neurones alentour.
Nous vivions à Fontenay, dans une grande tour de 18 étages. Au 13éme étage, à droite se trouvais au fond une porte.
Un numéro, le 131 indiquait la demeure ou mes parents, ma sœur Nathalie et votre serviteur ont vécu quelques années.
Des années roses et bleues, des années magiques… où chaque Noël possédait une magie secrète qui nous transportais dans un bonheur que je n’ai jamais plus connu depuis.
Sans doute mes plus belles années, pleine de certitude dans l’avenir, où rien ne pouvais ébranler la confiance en un monde merveilleux.
J’étais un enfant assez sage, trop pour le goût de mes parents.
J’ai mis longtemps avant de me mettre à parler.
Si longtemps que mes chers ancêtres s’inquietèrent de me voir muet pour le coup, ou bien sourd.
Je n’étais ni l’un ni l’autre, je profitais, tout bonnement, de ma vie simple et sans complications.
Je me souviens d’une poussette.
Ce siège était pour moi plus que ce qu’il peut représenter.
Il était le moyen d’explorer un autre univers, celui de derrière la porte.
Ce monde fascinant de derrière la porte…
Quand j’entrais dans cette poussette, je partais, mais j’ignorais toujours où.
Je me souviens des pots d’échappements, crachant leurs poisons étiolées en fluettes fumées.
Je me souviens de cette lumière, si différente de la lumière rougeâtre des lampadaires et appliques murales de la chambre.
Je me souviens des odeurs, du vent, du froid, du chaud, des bruits…
S’était un monde si fascinant.
Ce souvenir est tenace. Je n’ai pas envi de le perdre. J’aime se souvenir. Je suis né avec lui.
Migration
Il y a 12 ans

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