14H00
Je marchais l’air triste. J’ai l’air pas mal triste en ce moment. Et ça empire.
Quand on es atone, on fini triste, c’est inévitable. Mais là, je me sentais très triste.
La tristesse, ça rend con. Et comme je suis déjà très con à la base…
Résumons. Con et triste. Si on m’avait donné un miroir, j’aurais fini en flaque.
Je marchais dans la rue, perdu dans mes sinistres pensés.
Mon chemin me mena au parc derrière mon pavillon.
C’était un grand parc, avec un lac en son milieu.
Un parc, tout ce qu’il y a d’ordinaire.
Des jeux pour les enfants, en bois, ici et là, disposaient d’attraction, que les jeunes bambins ne boudaient aucunement.
Le vert de l’herbe dans cette journée radieuse et ensoleillé contrastait fortement avec le bleu du ciel, immaculé.
S’aurait été parfait si je n’avais pas été si triste.
Une surdité m’avait frappé.
Une vraie surdité. Plus aucuns sons ne parvenaient à mes oreilles.
J’avais tout tenté. Les bâtonnets à oreille. Le pommeau de douche. Les baffes. Mais rien n’y pu.
S’était cuit.
Plus de sons. Fini la belle musique, la douce et rocailleuse voix de Pauley Perrette. Fini les conversations au téléphone. Fini le vrombissement du moteur à 200 Km/heure.
Fini le chant des oiseaux au réveil. Fini le plic-plic des gouttes d’eau sur la terrasse après l’orage. Fini le son gutturale du tonnerre. Fini Les chants de Noël avec leurs cloches mélancolique. Fini le vent au bord de la mer. Fini les vagues se brisant en ressac à mes pieds. Fini les chants d’Opéra. Fini le cri des oiseaux au large, criant leur liberté au monde. Fini le froissement des draps sous le corps de sa bien aimée. Fini les cris qu’elle pousse quand son corps se tord dans la « petite mort », et son rire angélique en me regardant la rejoindre. Fini le crissement de l’herbe sous les pieds l’été. Fini le craquement des braises attisé par les grillades sur le feu. Fini la sonnette à la porte, son de cloche en cuivre. Fini les orgues à l’église emplissant mon cœur, et faisant fuir mon esprit. Fini les bulles crevants le surface du liquide sirupeux de ma bière. Fini le craquement des lattes du planchet le soir, quand plus un bruits ne vient perturber la nuit. Fini les sifflets presque inaudibles des « chauves-souris » filant par dizaines au dessus de moi quand j’explore l’univers à bord de mon télescope « spatial ». Fini le tic-tac de la montre à mon poignet. Fini le bouillonnement de la marmite sur le feu. Fini les « blings » des néons quand ils s’allument. Fini les cliquetis des clignotant de la voiture avant de tourner. Fini les chantonnements heureux. Fini le grincement de la porte en fer du pavillon à la manière du portail d’un château hantée, jamais graissée à dessein. Fini l’explosion des flaques quand les enfants se jettent à cœur et à cri, les deux pieds en avant. Fini le bruit de la craie crissant sur le tableau noir. Fini les craquements de la plume sur le papier. Fini le craquement du disque vinyle avant que la musique ne commence.
Fini le silence libérateur après une heure de trajets dans les transports en commun. Fini le silence teinté d’acouphène après une soirée à écouter un concert. Fini le silence après les heures de rires des enfants un après midi « barbecue ».
Fini le silence.
09H00
Je me réveille. Quel cauchemar !
Migration
Il y a 12 ans

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